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Au nom de notre système éducatif et nos jeunes ! |
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Comment entend-on changer les choses au Tchad si les Tchadiens ne sont pas suffisamment instruits pour évaluer raisonnablement les enjeux des débats dont ils sont, en principe, des arbitres autorisés ?
Le « par cœur » plutôt que la compréhension des matières.
L’instruction donnée à nos jeunes est un indicateur de ce que sera, demain, notre pays. Notre système éducatif possède un grand défaut qui vient de l’idée qu’en apprenant par cœur les leçons scolaires, l’étudiant ou l’élève accroit son intelligence. Ce qui fait que nos jeunes s’en tiennent à réciter des leçons pour obtenir leurs notes de passage plutôt que de comprendre l’essence des matières enseignées.
Allons-y avec un exemple : beaucoup de nos jeunes mémorisent et répètent mécaniquement les formules de chimie pour le besoin des notes de passage sans vraiment comprendre d’où elles sortent ni à quelles matières réelles ces formules renvoient.
Un second exemple : comment explique-t-on qu’un même élève soit capable de trouver la valeur de l’inconnu X dans l’équation X + a = b et qu’il ne réussisse pas à résoudre l’équation b - Y= a où l’inconnu est Y ? En fait, b - Y = a est équivalent à b = a + Y, ce qui revient au même d’écrire Y + a = b. Que l’inconnu soit X, Y ou Patate ne change rien dans la résolution. Écrire mathématiquement X + a = b ou b - Y= a, c'est comme si vous disiez à peu près "le verre est à moitié plein ou le verre est vide à moitié".
Qu'est-ce qui ressort de ces exemples ? Ce qui ressort est qu'un élève incapable de resoudre une forme renouvelée d'une même équation est simplement un élève qui a mémorisé un modèle précis d’équation sans réellement comprendre l’algorithme de résolution derrière les formes plus générales de cette même équation.
Notre modèle éducatif montre trop de limites dans son approche de transmission des connaissances et des habiletés. Il nécessite vraiment une réforme afin de former des citoyens suffisamment instruits qui seront capables de comprendre les enjeux des débats dont ils sont appelés à juger.
L’absence d’une pensée critique et informée est une autre faille.
À coup de récitations, sans culture d’un sens de critique et de jugement, notre système éducatif prépare lentement l’avènement d’une génération d’insatisfaits, de diplômés complexés et intellectuellement carencés. Le «par cœur» est pratiqué au point que l'instruit devient celui qui sait réciter et non celui qui comprend ou qui soit capable de débats contradictoires, sans se servir uniquement des sophismes.
Les lacunes deviennent encore plus explicites lorsque vient le moment de construire un raisonnement, d’une certaine rigueur, autour d’un thème. Notre système d’instruction a raté ses objectifs qui étaient d’apprendre à nos jeunes à se questionner, à douter, à critiquer, à argumenter, de leur transmettre des habiletés et leur faire prendre des initiatives…
Face au phénomène de l’affairisme à mains armées au Tchad par exemple, nous lisons des opinions qui tendent à banaliser des actes moralement répréhensibles. Nous lisons aujourd’hui toute sorte d’affirmations épaisses cherchant tantôt à minorer les nombres de Tchadiens tués extrajudiciairement tantôt à banaliser le passé des individus funestes. Comment fait-on pour voir, même une petite lueur de gloire, en ceux qui brulent le Tchad et dont l’inconséquence des décisions qu’ils prennent, au hasard des excitations, décime les Tchadiens ? C'est l'ignorance qui gueule ici bien que la question semble davantage d'ordre moral.
Nous avons au Tchad des problèmes complexes dont les enjeux sont d’une autre dimension. Sommes-nous entrain de former nos jeunes afin qu'ils soient, demain, capables de se questionner globalement sur ce qui est utile pour le Tchad ou qui est susceptible d’apporter le moindre mal aux Tchadiens ?
L’affairisme à mains armées prospère au Tchad justement parce que nous avons trop de naïfs qui s’ignorent, victimes d’un système éducatif défaillant et entravant la culture d’une pensée critique et informée.
Presque tout peut se ramener à l’éducation et à l’instruction. Faisons quelque chose pour notre école et l’instruction de nos jeunes.
Joe Al Kongarena,
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IL faut absolument changer cette façon sinon, on ne pourra jamais concurencer les autres.