| Tchad: Tous pour la paix, la paix pour tous! |
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En parlant chaque jour dans les journaux des luttes armées entre factions rebelles et le régime de Ndjamena et ses alliés, on oublie souvent de faire allusion à la véritable lutte du peuple Tchadien. Cette lutte populaire est de loin la plus louable et noble, elle est pour la survie, c’est sans contexte de la lutte, de la majorité silencieuse contre la pauvreté, la famine, le manque d’eau potable, le Sida, la malaria et plusieurs autres fléaux. C’est à ceux qui luttent dans ce créneau que nous leur tirons notre chapeau tout en reconnaissant le droit de nos compatriotes en lutte armée de faire prévaloir leur opinion selon leur vision.
Revenant encore sur les désaccords, les intrigues, les basses manœuvres, les attaques interpersonnelles, les louvoiements et la course au leadership au sein des différentes factions de la rébellion, nous prenons loisir pour l’occasion, pour une nième fois de les interpeller d’une manière lapidaire mais drue, que leur comportement ne tend pas à les grandir mais plutôt à concourir à la dispersion de leurs efforts et forces comme s’ils étaient entrain de remplir à la cuillère un baril truffé de trous, nous le répétons fort, un baril truffé de trous.
Aujourd’hui, la rébellion est tombée mains et pieds liés dans le piège du régime qui consiste à diviser pour mieux régner. Ne pouvons-nous pas dire que la rébellion a-t-elle failli dans ses objectifs premiers en jouant le jeu divisionniste du régime ? Ou peut–on dire que la rébellion est plutôt victime des pesanteurs sociologiques telles que le tribalisme, le clanisme ou le régionalisme ?
Nous ne contestons pas l’option choisie par ceux qui luttent par les armes mais, à notre niveau nous soutenons tout initiative pacifiste pour un changement profond au Tchad tout en reconnaissant pleinement les droits des citoyens se sentant abuser et aliéner dans leurs Droits civiques reconnus par la constitution, de résister et ce, par les voies pacifiques. En quarante années de luttes fratricides aux conséquences désastreuses, nous plaidons pour la recherche des moyens pacifiques pour un changement profonds au Tchad et pour ce faire, nous devons bannir l’apologie de la violence et de la guerre. Nous devons dire non au terrorisme, à la cruauté, à la haine, aux massacres et autres comportements dignes d’Hommes des cavernes. Mais le Président DEBY refuse tout dialogue inclusif de grande envergure, préférant le «salamalec» et buveries familiales de Thé et de Shisha, ouvrant la porte aux personnes frustrées par sa gouvernance, l’ultime option, celle des armes, hélas !
Tous au Tchad devront être unanimes et solidaires pour dresser le lit d’une véritable paix durable et sincère pour une révolution des consciences et la refonte des comportements violents qui ont pris en otage notre pays et son peuple. L’histoire nous a démontré que toute dictature n’est pas invincible, elle est tout simplement un géant aux pieds d’argile. Pourquoi donc recourir à la violence et à la guerre si on peut aisément faire fondre les pieds fragiles du géant ?
N’avons-nous pas d’autres voies de lutte beaucoup plus pacifiques ? Pour quels intérêts entraîner des millions de vies dans un conflit qui s’apparente beaucoup plus à une querelle régionaliste, à une croisade clanique pour le partage du gâteau qui ne dit pas son nom ?
Quel héritage léguerions-nous aux générations futures ? Des obus, des champs de mines, des dettes consécutives à la guerre ? Et ses orphelins, ses veuves, ses amputés de guerre ? Qui sera en mesure de subvenir à leur besoin élémentaire?
Beaucoup d’acteurs en conflit dans le drame macabre du Tchad ont leur progéniture en sécurité sous d’autres cieux, fréquentant des écoles, ayant facilement accès aux soins, à la nourriture, à l’eau potable. Pour la grande majorité de Tchadiens, que propose-t-on à ces millions d’anonymes restés au Tchad et qui font face à la pauvreté, à la paupérisation, au manque cruel de médicaments, à une scolarisation en baisse et inadaptée. A t-on songer à ces milliers d’enfants, de femmes, de jeunes et vieillards qui font face désespérément aux obus, au Sida, à la malaria, aux coupeurs de routes, aux rackettes, aux violences inouïes des «Toroboro» et autres saltimbanques et plaisantins de mauvaise augure ?
De leurs résidences douillettes, confortablement installés dans leurs rutilantes grosses cylindrées, voyageant sans répit pour des villégiatures au frais du contribuable et vivant somptuairement, sans remord à la pauvre qui gangrène le pays, on se demande si les dirigeants tchadiens ont vraiment pensé, un seul jour, aux enfants, aux femmes, aux jeunes et aux vieillards ? Des épaves vivantes ou véritables morts vivants, résignés à leur triste sort : obus, déguerpissement, sida, paludisme, typhoïde, tuberculose, inondations, viols, enrôlement forcé, bastonnades, violences !
Le peuple Tchadien dans sa majorité appelle de tous ses vœux ardents à une véritable paix afin qu’il puisse mener à bien sa véritable guerre, celle d’un peuple luttant pour sa survie, pour contrer les effets néfastes de l’adversité, de l’avancée exponentielle du désert, du manque cruel d’eau potable. La majorité des tchadiens vit en dessous du seuil de la pauvreté, elle arrive difficilement à avoir le repas quotidien, elle fait stoïquement face aux maladies récurrentes telles que le Sida, la malaria, la tuberculose, la diphtérie, le cholera, la fièvre typhoïde, qui tuent chaque jour au Tchad. Aux centaines de morts de maladies diverses, il faut ajouter des morts dues a la violence quasi-quotidienne dans nos villes et les conséquences macabres des tragiques guerres interminables hautement fratricides et sans réel consensus populaire.
Il est un secret pour personne, les fils du Tchad, allant du cultivateur, de l’ouvrier, de l’éleveur, du pêcheur en passant du fonctionnaire aux millions de quidams, veulent la paix. Cette paix indispensable pour cultiver la terre léguée par nos ancêtres, afin de conjuguer les efforts pour faire face à la famine, à la malnutrition, bref, à la course vers la survie !
Le peuple Tchadien est profondément attaché à ses terres ancestrales et est un peuple peu enclin à l’immigration. Il sera chimérique de dire qu’on a intercepté des Tchadiens navigant vers le « paradis occidental » donc, donnons à ce vaillant peuple de s’adonner à sa louable guerre, celle de cultiver de Mbaibokoum à Aouzou, de Bol à Amzoer, l’indispensable raison de sa survie qui sont le coton, le sorgho, le riz, le maïs, les dattes, le sésame, la gomme arabique, la spiruline et aussi lui permettre de prendre soin de son cheptel. En lieu et place des Kalachnikov, RPG, SAM, STINGER, Milan, MI 17, 24, MIG, etc., donnons-nous des charrues, des engrais, des médicaments, des routes, de l’eau, des vivres, la sécurité, la liberté, des ambulances, des tracteurs, des routes, des hôpitaux, des centres de loisirs pour jeunes, des systèmes d’irrigation.
Oui, donnons aux fils de Toumaï d’avoir la joie de voir ses diplômés accéder sans discrimination à l’emploi, aux avantages générés par les revenus des innombrables matières premières notamment le pétrole de DOBA et l’OR de Pala. Ouvrez les portes des universités et des écoles professionnelles aux lauréats de l’enseignement secondaire, octroyez équitablement sur la base de la mérite les bourses d’études. Permettez aux Tchadiens de circuler librement sur les 1.284.000 Km2 sans inquiétude de se faire tirer dessus comme une bête de proie, sans se faire enlever, sans se faire persécuter, violenter ou sommairement exécuter pour un OUI ou un NON.
Notre pays a besoin d’un changement profond en prônant une véritable démocratie, en ouvrant grandement les bras et en restant tout ouie aux défenseurs des droits humains, à la presse, en répondant avec clairvoyance aux attentes légales des justiciables conformément à la loi, en bannissant l’injustice, le clanisme, le tribalisme et le régionalisme. Notre pays en sortira grandi si, ensemble nous plantions des arbres au lieu de les couper, si ensemble nous construisions au lieu de détruire nos maigres infrastructures quasi-inexistantes.
Comme le dirait l’autre, ceux qui vivent sont ceux qui luttent, luttons pour mettre hors d’état de nuire ou dans le placard des oubliettes éternelles l’intolérance ethnique, les persécutions, les tortures, les pillages, les viols, les massacres, nos divergences futiles, nos ambitions personnelles et l’appât du gain facile. Mettons un terme aux cultes de la personnalité, à la stigmatisation des Droits de l’Homme, aux violences, à la banalisation des détournements des deniers publics. Enfin donnons un sens à l’inviolabilité de la personne humaine, à ses droits et à sa dignité.
A quand la fin de l’emploi de notre vocabulaire quotidien des mots violence, massacres, viols, tueries, tortures et pillages ? A quand le peuple tchadien aura-t-il la chance de savourer les joies d’une véritable délivrance et quiétude sociale ? Hommes politiques Tchadiens, qu’avez-vous fait pour la jeunesse du Tchad en dehors de son envoie, par vos soins démagogiques, vers la mort et la barbarie de vos querelles stériles ? Quand pourriez vous mettre fin à la rigole de sang des milliers innocents qui coule indéfiniment sous vos pieds ?
Un dialogue inclusif global de toutes les forces de la nation coûtera t-il aussi cher que les dépenses du régime de Ndjamena pour soutenir cette guerre inutile ? Une conférence de paix vaudra-t-elle le prix des déguerpissements, des coupures de nos arbres centenaires et la dilapidation de notre argent dans la course aux armements ?
Personne n’a le monopole d’une guerre dont les conséquences sont toujours imprévisibles et celui qui se sent dans cette lutte invincible à cause de ses moyens financiers et militaires, risque de se retrouver un jour au regret. Au regret d’avoir refusé la paix, au regret d’avoir conduit inutilement des milliers de personnes à la mort, à fuir leur terroir, à devenir veuves, orphelins, amputées de guerre. L’histoire vous jugera aussi bien que la justice divine immuable qui attend tout homme sur terre pour répondre de ses actes. Le dictateur Allemand Hitler, en dépit de son impressionnant armada, a perdu la guerre sous l’usure et le courage de ses adversaires, sa cause mégalomaniaque injuste s’est effrité au fil du temps. Prenez ceci comme exemple pour se ranger du coté de la paix plutôt que de demeurer solidement attachés aux convictions des va t’en guerre.
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