| Tchad : Adieu 2009 que nous réserve 2010? |
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L’année 2009 a été une année phare dans la croissance exponentielle de galère et des malheurs qui se sont accumulés sur les Tchadiens depuis 19 ans. Et cette souffrance a été célébrée en grande pompe le 30 décembre 2009 à Sarh afin de montrer à la population de cette zone les réalisations somptuaires de celui qui occupe la présidence Tchadienne d’une main d’acier.
Les rutilantes VUS de marque américaine Hummer et les Lexus, un design haut de gamme de Toyota feront rêver un temps soit peu la population Sarhoise qu’elle ne vit pas au Tchad, mais dans une monarchie du golf Arabo-persique. Des espèces sonnantes et trébuchantes puisées dans nos régies financières sans orthodoxie de gestion feront baver les rapaces et autres griots de tout acabit qui se pareront de leurs beaux attributs pour démentir cette maxime : jamais chat emmitouflé ne prit souris ! Me diriez-vous que la célébration à Sarh du 19ème anniversaire de l’accession du clan Itno à la magistrature suprême consacre la Liberté et la Démocratie au Tchad ? Que nenni, le Tchad des Itno n’a jamais connu une lueur de liberté ou de bonne gouvernance. Nos maigres ressources au lieu de concourir avec transparence à la lutte contre la pauvreté font chaque jour de nouveaux riches sortis de nulle part. Le peuple de son coté continu de dégringoler la pente de l’ignominie et de l’arbitraire. La faim et les humiliations sont devenues le lot quotidien des Tchadiens face aux « maitres du pays » qui se croient investis d’une mission devine de disposer de la vie de leurs concitoyens qu’ils torturent, violent, massacrent et arrêtent arbitrairement sans jugement. La seule digression mondialement connue au Tchad depuis 19 ans est l’adoption en mode de gestion de l’État de la corruption, des détournements, de l’injustice, du népotisme, l’impunité, le clientélisme et la hargne barbare dans les détournements du clan des ressources nationales. Le Tchad est devenu une véritable carcasse sur laquelle se pressent les prédateurs de tous poils pour tirer un morceau. Le peuple impuissant meurt de faim, de torture physique et psychique, les pères de famille sont devenus inaptes à assumer leur responsabilité face a la cherté de la vie. Nos laborieux fonctionnaires sont devenus l’image de la clochardisation prônée par la « monarchie » au pouvoir pour mettre toutes les classes de sociales sous son joug. 2010, sera le théâtre de clownesques réalisations creuses dont les remplissages des urnes en guise d’élections législatives et locales. La Commission électorale nationale indépendante( ?) connue sous le pompeux acronyme CENI est là pour veiller au grain et jeter la poudre aux yeux de l’opinion. La presse privée et la société civile terrorisée n’auront que les yeux pour pleurer de dépit. La crainte du chef de l’État de voir d’autres fils du pays fouiner dans sa caverne d’Ali est la résultante de son refus éhonté de convoquer une conférence nationale inclusive de toutes les forces vives de la nation en vu de résoudre pacifiquement l’imbroglio tchadien. Le Tchad est profondément enfoncé dans le bourbier ethnico-clanique qui refuse de lâcher le mors de ce pays qui leur va si bien en termes de vols, de cruautés, de tortures, de massacres, de viols ou d’impunité. Pendant que le peuple Tchadien peine a trouver un rachitique morceau de charbon ou de bois pour se nourrir, des barons du régime s’engraissent au prix de nos milliards, envoient leur progéniture dans les écoles en occident, soignent un simple rhume ou un mal de tête à Val de grâce en France alors que le petit peuple doit se contenter des tablettes de médicaments périmées et blanchies par le soleil des « Docteurs choukou ou Djim ».Certains se résignent à trouver des hypothétiques soins par le biais des plantes sans connaitre les effets secondaires ou la toxicité de celles-ci. Ne dit-on pas cabri mort n’a pas peur du couteau? Le Tchad est une illustration de l’âge des pierres dans le domaine des équipements médicaux. Les scanners et autres appareils de résonnance magnétique relèvent de la fiction dans nos hôpitaux, cela n’empêche pas nos dirigeants d’ériger fébrilement des ronds points faussement facturés à de milliards de francs CFA. On construit des bâtiments confiés à des personnes véreuses, n’ayant aucune notion en matière de dynamique des bâtiments. Chaque jour qui passe, le clan au pouvoir jette l’opprobre et humilie sans limite les populations Tchadiennes mises sous le joug sanglant d’un clan extrêmement répressif et arrogant. Bonne année 2010, et que Dieu nous débarrasse de toute la gangrène qui ronge notre pays jusqu’a sa moelle.
Le Peuple résigné et terrorisé par les armes, pourra-t-il se soulever contre cette humiliation et cet esclavage qui ne dit pas son nom?
Abbas Kayangar, librafrique.com
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