TCHAD : les causes et effets des problèmes, pas nécessairement au même endroit ! PDF Imprimer Envoyer

altL’interpénétration et les rapports entre les causes primaires et secondaires de nos problèmes sont tels que pour garder la lucidité dans la réflexion, il importe de transcender les limitations qu’imposent certaines lectures entièrement attachées à des souvenirs d’hier ou parfois à des émotions.  Les causes que révèlent les impacts des problèmes auxquels nous faisons face au Tchad ne partagent pas toujours une même scène avec leurs effets !

Prenons un exemple, celui du règne d’Idriss Deby Itno. J’aurai pu choisir le règne de Hissein Habré ou Ngarta Tombalbaye, ça n’aurait pas changé mon raisonnement. Je ne vois donc pas la nécessité de citer chaque règne rien que pour accommoder ou obtenir les préférences de tel ou tel autre, facteurs non considérés dans cette analyse.

Mon constat, le plus neutre, est le suivant : tous les problèmes auxquels nous faisons face aujourd’hui au Tchad ne tiennent pas tous leur origine des faits et de la politique d’Idriss Deby Itno. Nombreux sont les maux qui sont pourvus de facteurs héréditaires dérivés d'une ou des causalités antécédentes au règne d'Idriss Deby Itno.

Je le redis autrement si ma premiere formulation n'est pas claire pour tous : de nombreux problèmes que nous attribuions la paternité à l’actuel régime comportent une hérédité totale ou considérable provenant des causes primaires antérieures qui n’ont pas toujours un rapport avec Idriss Deby et sa gourvernance. Même si aujourd'hui, le règne de Deby est le seul espace dans lequel les problèmes se manifestent, puisque nous parlons du moment présent.

L’espace dans lequel les problèmes se manifestent n’est pas toujours celui-là à partir duquel les problèmes surgissent. Une nuance  qui change totalement le raisonnement, à moins que la subjectivité, assumée ou non, remporte sur l’objectivité.

Une lecture partisane, qui voit l’espace dans lequel les problèmes se manifestent mais qui ne voit pas ou partiellement l’espace à partir duquel les problèmes surgissent, est une vision toujours limitée. De sorte que si, au départ, nous conjuguons des visions circonscrites, nous  ne pouvons proposer que des solutions issues des limitations. En fait, des palliatifs ou des faits de bricoleurs.

C’est pourquoi, je fais le pari de proposer une approche différente qui ne tient compte que de la permanence derrière les règnes qui se succèdent. Des repères immobiles et stables pour proposer des issues solides basées sur des principes permanents, donc des solutions stables et durables.

Si on admet que les formes nous trompent, limitent nos options et qu'il y ait necéssité de nous hisser au dessus d’elles parce qu'elles sont légères, alors pourquoi ne pardonnons-nous pas les effets de ces mêmes formes ? D’où l’idée osée de pardonner, une idée évoquée dans la réflexion titrée:
Représentent-ils vraiment la dimension entière de nos problèmes ? Celle en cours est une réponse aux questions des lecteurs. Dans les faits, j'admets que c’est complexe de matérialiser cette nouvelle approche, necessaire pour changer de dimension. Mais, c'est possible. C'est tout simplement difficile ou relativement difficile.

Pour des considérations autres, j'ai pris un peu de temps avant de répondre aux questions des lecteurs de Librafrique.com. Je m’en excuse. C'est ma réponse à vos questions sur l'idée du pardon. Allons de l’avant avec l’Idée et le débat.


Joe Al Kongarena, librafrique.com

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Commentaires (1)add
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Par Vrai tchadien , juillet 03, 2012
Je saisi parfaitement le bon sens et je dirai même la haute vision de cette réflexion qui propose aux tchadiens de passer à une dimension nouvelle pour aborder nos problèmes d’un regard nouveau. Mais, je dirai que les tchadiens ont trop de colère et de rancœurs en eux, ils continuent de subir de pires injustices infligées par une minorité illégitime à tel enseigne que cette réflexion ne saurait trouver application. Pourtant, c’est ce qu’il ya de mieux à faire, soit surmonter le mal par la puissance du pardon.

Les tchadiens n’accepteront pas cette réflexion, pas parce qu’elle est mauvaise ou irréfléchie mais parce qu’ils ne sont pas prêts.

Quand même la qualité et la pertinence de l’instruction n’est plus à prouver, il ne sert à rien de donner à un élève de CP1 une instruction de niveau CM2. Attendons que la grande masse soit prête.

Par ailleurs, si l’idée de pardon sans condition évoquée s’applique maintenant, elle ne changera rien hormis protéger les criminels. Surement, ce n’est pas le but de cette réflexion mais c’est ce qui risque d’arriver. Seul Idriss Deby et les siens, seuls les pillards et bandits de grands chemins profiteront de l’effet du pardon parce qu’ils ne sont pas victimes. Ils ont toujours été des bourreaux.

La beauté de cette réflexion ? je ne la conteste pas. La beauté des résultats de cette idée ? je doute. Et puis après tout, que ferons-nous des belles idées ?

Enfin, je partage que c'est la confusion des champs des causes et des effets qui se trouve derrière tant de subjectivités de beaucoup de tchadiens. C'est cette même confusion qui handicape les propositions de solutions efficaces. Oui, éviter les amalgames et un peu d'objectivité aiderait surement. Néanmoins, ouvrir un boulevard de liberté à Idriss Deby est aussi de l'objectivité ?
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